Bien, bien, bien. Je crois qu'il est temps de nous faire une petite étude scientifique fort ludique... Je laisse la parole à une spécialiste de renom.
Bonsoir à tous. Si je suis parmi vous ce soir, c'est bien entendu pour traiter du sujet spécifique à ce blog, c'est-à-dire le mode de reproduction des pipistrelles de Kuhl.
Les pipistrelles, en plus d'avoir un nom particulièrement rigolo et sujet aux jeux de mots les plus stupides, sont, comme vous le savez tous, de petits mammif... pardon ? Comment ça, « pas le bon blog » ? Mais...
Très bien, très bien. Dans ce cas, plutôt que de traiter des m½urs passionnantes des ces petites chauves-souris, je vais devoir vous parler de cette affreuse chose rousse que l'on nomme Kai.
Tout d'abord, présentons le sujet. Oui, je sais, il l'a déjà été quelques articles plus haut, mais mieux vaut trop que pas assez. Le Kai est une créature humanoïde, omnivore et se déplaçant de manière bipède (on a néanmoins plusieurs fois observé cet étrange animal se traîner sur le sol en poussant des râles inintelligibles, nos chercheurs se penchent en ce moment même sur la question). Il possède, comme les humains, un pouce opposable au reste de ses doigts, qui lui permet de tenir divers objets. Contrairement aux humains, pourtant, il semble mettre un point d'honneur à ne se saisir que de ce qui risque de lui être parfaitement inutile, comme un pot de fleurs (ou une carafe d'eau vide) face à un monstre assoiffé de sang.
On observe également la trace d'un langage articulé, bien que celui-ci semble extrêmement limité. Il est souvent reconnaissable à son fameux cri : « je n'ai encore servi à rien ».
Les caractéristiques de cet étrange animal ressortent encore plus lorsqu'on le compare à un être normal. Plusieurs de nos subordonnés ont été chargés de ramener un individu lambda, parfaitement banal et, très important, choisi aléatoirement grâce à la fameuse méthode « am, stram, gram » qui a fait toute la renommée de notre communauté scientifique.
Le spécimen sélectionné, tout à fait par hasard rappelons-le, se nomme Hagi.
Hagi est un chiroptère –tout comme les pipistrelles de Kuhl, d'ailleurs, mais on m'a honteusement refusé ce passionnant sujet, je ne m'étendrai donc pas plus longtemps là-dessus-, il n'est donc pas à proprement parler humain. Mais, premièrement, il s'en rapproche sur bien des points, deuxièmement, je n'ai jamais dit que je comparerais Kai à un être humain, et troisièmement je fais de toute façon ce que je veux.
Ce point étant éclairci, reprenons.
Plaçons côte à côte les deux individus étudiés. On observe tout d'abord une nette différence de taille, qui permet à Hagi de regarder de haut son vis-à-vis avec un air hautain du plus bel effet. La musculature est également différente : si tous les deux sont minces, il apparaît évident que la silhouette élancée de Hagi n'a rien de commun avec la maigreur famélique de Kai. Cette observation est confirmée par le poids que sont capable de soulever les deux sujets : Kai soulève, au prix d'un violent effort, vingt kilogrammes pendant cinq secondes, tandis que nous n'avons pas trouvé de poids qu'Hagi n'ait su soulever.
Les tests de vitesse, endurance ou agilité sont eux aussi très concluants : le Kai est incapable de rivaliser avec l'individu moyen (parfaitement représenté par Hagi, rappelons le).
Plusieurs tests d'intelligence ont eux aussi été employés, et là encore, les résultats sont sans appel. Le Kai est incapable de répondre aux questions même les plus basiques, tandis que notre individu lambda résout sans efforts les plus épineux problèmes.
Enfin, nous nous sommes intéressés à la reproduction (il fallait bien que mes recherches préalables sur les pipistrelles servent à quelque chose).
Oh, je vous vois venir –voire même baver pour les deux du fond, vous devriez avoir honte-, non, nous n'avons pas étudié l'aspect...mécanique...de cette reproduction, mais bien les relations avec le sexe opposé.
Nous avons pour cela, une fois de plus parfaitement aléatoirement, choisi un spécimen féminin nommé Saya.
Présentons donc cette Saya aux deux individus.
Hagi, spontanément, part cueillir une rose qu'il lui offre un genou à terre.
Kai, lui, ouvre de grands yeux, et se précipite vers elle pour la prendre dans une répugnante et baveuse étreinte.
Il va de soi, dans ce cas, que n'importe quel être féminin préfèrera Hagi, et c'est d'ailleurs lui que notre spécimen a choisi. Le Kai ne pourra donc pas se reproduire, et sera donc bientôt, par chance, en voie de disparition.
Sur ce, je dois vous laisser. Hagi et Saya se sont éclipsés, et il est de mon devoir d'observer la suite des évènements.
A des fins purement scientifiques, bien entendu.
Par goupil.